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Mossoul: l’ouest de la ville toujours contaminé par des restes explosifs de guerre

Mines et autres armes
Irak

Bruxelles, lundi 8 juillet 2019 - Deux ans après la reprise de Mossoul par les forces armées irakiennes, le 10 juillet 2017, l’ouest de la ville est laissé à l’abandon, détruit et contaminé par des milliers de restes explosifs de guerre. 500 000 personnes sont toujours déplacées dans les camps et la vie de milliers de blessés est encore suspendue à des soins adaptés à leurs besoins. Handicap International (HI) appelle la communauté internationale à réagir à ce drame humanitaire et à faire en sorte que des armes explosives ne soient plus utilisées dans des villes.

500 000 personnes continuent de vivre dans des camps de déplacés  dans la province de Nivice. En cas de retour à Moussoul, elles craignent pour leur sécurité dans une région encore contrôlée par une multitude de groupes armées mais aussi à cause de la menace de la contamination aux restes explosifs de guerre à Mossoul et dans les villages avoisinants.

Une ville à l'abandon

65 % des maisons et appartements de la ville ont été endommagés. Si la vie a repris dans la partie est de la ville, la partie ouest qui a connu le gros des combats est toujours fortement contaminée par des restes explosifs de guerre et des mines improvisées. L’usage intensif d’armes explosives a détruit des infrastructures vitales comme des écoles et des hôpitaux. Des routes et des ponts sont toujours impraticables. Dans le seul hôpital d’Al-Shifa, 1500 restes explosifs de guerre ont été retrouvés.

« La partie ouest de la ville est aujourd’hui quasiment laissée à l’abandon, faute de moyens et de capacité politique pour organiser le déminage et la reconstruction. On ne voit aucune amélioration possible à court terme», explique Thomas Hugonnier, directeur Moyen-Orient de HI.

Dans ces conditions, l’urgence est à la sensibilisation des populations qui ne cessent d’affluer dans des zones extrêmement contaminées. « Les habitants n’ont pas conscience du danger. Faute de déminage, notre travail est de les informer autant que possible du danger que représentent les restes explosifs de guerre : comment les reconnait-on ? Quels sont les gestes à adopter ? », ajoute Thomas Hugonnier.

"Des patients attendent une prothèse depuis plus d'un an"

Deux ans après la fin des combats, des milliers de blessés sont toujours en attente de soins. « Nos listes d’attente ne cessent de s’allonger tant les demandes sont importantes et nos capacités de réponse limitées compte tenu du manque de financements », précise Thomas Hugonnier. « Certains patients attendent une prothèse depuis plus d’un an. Faute de moyens, nous apportons des soins de première urgence pour améliorer leur mobilité et faire en sorte qu’ils soient le plus autonomes possible dans leurs gestes du quotidien. Mais cette situation n’est pas acceptable. On ne pourra pas continuer à bricoler une réponse humanitaire qui n’est absolument pas à la hauteur des besoins », déplore Thomas Hugonnier. « La communauté internationale doit se remobiliser, car elle a une responsabilité majeure face à l’immensité des dégâts causés ».

HI témoigne quotidiennement des conséquences dramatiques des bombardements de villes comme Mossoul. L’organisation exhorte aujourd’hui les Etats à travailler à une réponse politique et à des solutions opérationnelles pour protéger les civils de l’usage d’armes explosives en zones peuplées. Rappelons qu’aujourd’hui, plus de 90% des victimes d’armes explosives utilisées en zones peuplées sont des civils.

Handicap International et la crise irakienne: Plus de 200 000 personnes ont bénéficié d’actions de Handicap International depuis le lancement de ses opérations d’urgence en Irak, en 2014. Les actions de l’association sont réévaluées régulièrement, pour tenir compte d’une situation très volatile sur l’ensemble du territoire irakien. Handicap International mène actuellement des activités de protection des populations, sensibilisation aux risques de mines et armes conventionnelles, études non-techniques et dépollution de zones potentiellement dangereuses, réadaptation physique et fonctionnelle, soutien psychosocial, soutien à des centres de santé , formation, plaidoyer  et support technique à des partenaires pour renforcer l’inclusion des personnes vulnérables (handicapées, blessées, âgées, etc.) au sein de leurs services.

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