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Mossoul: 6 frappes aériennes par jour et 8 millions de tonnes de restes explosifs

Un an après la libération de Mossoul, 8 millions de tonnes de restes explosifs[1] piègent encore la ville. Tandis que des milliers de blessés tentent aujourd’hui de se soigner et que plus de 300 000 déplacés survivent toujours dans les camps et les communautés. Mossoul, piégée par les restes explosifs de guerre, est une bombe à retardement.  

Bruxelles, lundi 9 juillet 2018 - Un an après la libération de Mossoul, 8 millions de tonnes de restes explosifs[1] piègent encore la ville. Tandis que des milliers de blessés tentent aujourd’hui de se soigner et que plus de 300 000[2] déplacés survivent toujours dans les camps et les communautés. Mossoul, piégée par les restes explosifs de guerre, est une bombe à retardement. 

6 frappes aériennes par jour 

Entre octobre 2016 et juillet 2017, plus de 1700 frappes aériennes - soit 6 frappes aériennes par jour - et 2800 explosions ont touché la ville de Mossoul et ont laissé derrière elles une quantité sans précédent de restes explosifs de guerre. A cela s’ajoutent les milliers de bombes artisanales laissées comme des pièges par l’Etat Islamique. Sur le seul hôpital d’Al-Shifa, 1500 restes explosifs de guerre ont été retrouvés[3]. Aujourd’hui encore, les accidents sont nombreux et des zones entières de la ville, dangereusement contaminées, demeurent inaccessibles. Depuis le 10 juillet 2017, il a été reporté à Handicap International 127 accidents faisant 186 victimes dans la province de Ninive. Un chiffre sans aucun doute bien en deçà de la réalité, le recensement des victimes étant incertain.

Les civils en première ligne 

Les conséquences pour les civils sont lourdes - blessures graves, handicaps permanents, amputations. Entre le 10 juillet 2017 et le 15 mars 2018, 1 225 personnes ont bénéficié des services de réadaptation de Handicap International. Parmi elles, 34% ont été blessées dans le conflit[4], dont 86% par des armes explosives. Au-delà des blessés, la présence massive de restes explosifs dans la ville empêche le retour des populations à une vie normale après des années de traumatismes. Au 15 mai 2018, 57% des déplacés originaires du district de Ninive[5] n’avaient pas prévu de rentrer chez eux. Parmi eux, 22% citent la présence d’IED et de restes explosifs comme motif de non-retour. 

« Il faudra des années pour reconstruire et déminer Mossoul » 

Handicap International appelle aujourd’hui la communauté internationale à faire face à ses responsabilités. La disproportion des attaques menées et l’importance des pièges que représentent les engins explosifs improvisés font de Mossoul l’une des villes les plus minées au monde.
« L’urgence est de déminer et de sensibiliser la population aux dangers qu’elle court face aux restes explosifs. Sur le terrain, nous sommes opérationnels. Mais l’enjeu est maintenant que les Etats soutiennent sur le long terme les opérations de déminage » souligne Thomas Hugonnier, responsables des opérations de déminage de Handicap International.

« La communauté internationale doit tout faire pour lever les entraves au retour à une vie normale pour la population mossouliote, aujourd’hui traumatisée » ajoute-t-il.

Handicap International en Irak

Présente en Irak depuis 25 ans, HI intervient depuis 2014 aux cotés des déplacés, au plus près des zones de conflit. L’ONG accompagne les blessés et les personnes vulnérables, dispense des séances d’éducation aux risques des mines auprès des communautés et démine les zones les plus durement touchées par les restes explosifs de guerre.

Diana Diana Diana Diana

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DIANA VANDERHEYDE

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