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« Un jour, moi aussi, je soignerai les gens… »

Jordanie Syrie
Abdel Rahman a 13 ans et souffre de dystrophie musculaire. Arrivé dans le camp d’Azraq (Jordanie) avec sa famille à la fin de l’année 2015, il est actuellement suivi par une équipe de Handicap International*. Les séances de kinésithérapie aident Abdel Rahman à s’adapter à la vie dans le camp et sont aussi l’occasion pour le jeune garçon de partager un moment avec les professionnels de l’association.
Kiné zit in kleermakerszit en houdt de handen vast van de lachende jongen die naar de kiné toebuigt

Abdel Rahman a 13 ans et souffre de dystrophie musculaire. Arrivé dans le camp d’Azraq (Jordanie) avec sa famille à la fin de l’année 2015, il est actuellement suivi par une équipe de Handicap International*. Les séances de kinésithérapie aident Abdel Rahman à s’adapter à la vie dans le camp et sont aussi l’occasion pour le jeune garçon de partager un moment avec les professionnels de l’association.

« Au début, nous ne savions pas » raconte le père d’Abdel Rahman alors que l’équipe de Handicap International commence la séance de kinésithérapie de son fils, dans le logement familial. « Lorsqu’il était bébé, tout paraissait normal… Mais quand il a été en âge de marcher, nous avons remarqué qu’il ne pouvait toujours pas se déplacer. Nous habitions dans un petit village et il n’y avait aucun spécialiste qui pouvait nous indiquer ce que l’on devait faire pour l’aider. Lorsqu’Abdel Rahman a eu 9 ans, nous nous sommes rendus dans une grande ville pour qu’il y suive des séances de kinésithérapie poussées avec un médecin spécialisé. Mais deux ans plus tard, le conflit a éclaté et nous avons été contraints d’abandonner ces sessions pour notre fils. »

Mo’men, kinésithérapeute de Handicap International, initie quelques exercices de renforcement, pour stimuler le système musculaire et les articulations du jeune garçon. « Le fait qu’Abdel Rahman ait dû stopper ces séances de kinésithérapie en Syrie implique qu’il doit repartir de zéro aujourd’hui » explique-t-il. Il lance un regard complice dans sa direction et ajoute en souriant : « Mais j’ai confiance en lui, il est motivé et les progrès ne vont pas se faire attendre, j’en suis persuadé. » Abdel Rahman semble partager son avis et suit les instructions de Mo’men avec une bonne humeur et un sourire communicatifs.

La famille d’Abdel Rahman assiste à la séance et regarde attentivement les mouvements du kinésithérapeute de l’association. Badi, le père d’Abdel Rahman, était plombier en Syrie. Aujourd’hui, il veut apprendre les gestes simples qui pourront améliorer la vie de son fils en Jordanie. Arrivé avec ses quatre enfants, son épouse et sa mère, il est décidé à tout faire pour faciliter la vie de sa famille dans le camp. Mo’men explique à Badi les réflexes à adopter pour soulager son fils et ceux aussi qui pourront l’aider à se déplacer.

En complément des séances de kinésithérapie, l’équipe de Handicap International a donné un fauteuil roulant à Abdel Rahman, pour qu’il puisse sortir du logement et se déplacer sur de plus longues distances. « Hier, il s’est rendu pour la première fois dans un centre qui propose plusieurs activités pour les enfants dans le camp. Il a pu jouer avec des garçons de son âge aux jeux vidéo. Il n’aurait jamais pu se rendre là-bas, sans son fauteuil roulant », explique Wafaa, sa mère. Malgré les défis qui se présentent à lui, Abdel Rahman garde des préoccupations de jeune adolescent.  Il aime passer du temps avec ses amis et demande à ses parents quand il recevra le téléphone portable qu’ils lui avaient promis, quand ils habitaient encore en Syrie.

Après quelques exercices, Mo’men propose au jeune garçon de lui montrer comment il utilise le fauteuil roulant. Abdel Rahman accepte et lui fait une démonstration. Il avance et recule joyeusement, fier de ses mouvements et des progrès qu’il a fait depuis sa première session. Le jeune garçon annonce au kinésithérapeute : « Un jour, moi aussi, je soignerai les gens… ». Abdel Rahman envisage d’être médecin et les évènements de ces dernières années n’ont fait que renforcer sa détermination à pouvoir, un jour, exercer cette profession.

 

- Projet financé avec le soutien de ECHO (Union Européenne)

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