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Témoignage : Stéphanie au coeur de la crise malienne

Diplômée en droit et en socio-anthropologie, Stéphanie s’est très vite intéressée aux problématiques liées à l’éducation, à la non-discrimination et à l’égalité. Elle a mené pendant quatre ans des projets de recherche sur les questions éducatives au Burkina Faso, en lien avec les acteurs et les bénéficiaires du secteur. Elle a aussi travaillé sur des projets de développement local en France avant de décider, en mai 2010, de rejoindre le programme d’Handicap International au Mali.
Stéphanie Baux

Diplômée en droit et en socio-anthropologie, Stéphanie s’est très vite intéressée aux problématiques liées à l’éducation, à la non-discrimination et à l’égalité. Elle a mené pendant quatre ans des projets de recherche sur les questions éducatives au Burkina Faso, en lien avec les acteurs et les bénéficiaires du secteur. Elle a aussi travaillé sur des projets de développement local en France avant de décider, en mai 2010, de rejoindre le programme d’Handicap International au Mali.

Améliorer la vie des personnes handicapées au quotidien

« Au Mali, les conditions de vie de la plupart des personnes handicapées restent encore très précaires. Les difficultés sont partout dans la vie de tous les jours: en termes d’insertion sociale, d’accessibilité aux services, aux transports, etc. » explique Stéphanie. « Les infrastructures routières par exemple ne sont pas adaptées aux personnes en situation de handicap moteur ou sensoriel : en milieu urbain, l’inexistence de trottoirs et de passages piétons, la non adaptation des transports et la rareté des feux tricolores rendent les déplacements difficiles et souvent dangereux. La plupart des bâtiments publics et privés ne sont pas aménagées pour que les personnes handicapées puissent y accéder. Les personnes handicapées sont notamment confrontés à de vrais problèmes pour satisfaire des besoins de base tels que se laver et aller aux toilettes.» Au Mali, comme dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, Handicap International est consciente de l’ampleur de la tâche à accomplir et a décidé d’inscrire son action dans la durée.

Un des problèmes majeurs pour l’insertion sociale des personnes handicapées est leur manque d’accès à l’éducation et à la formation. « L’éducation est une étape déterminante. Pourtant, au Mali, beaucoup d’écoles ne sont pas accessibles aux personnes vivant avec un handicap. D’abord pour des raisons pratiques (salles inaccessibles en fauteuil roulant, lumière insuffisante dans les classes pour les personnes malvoyantes, etc.) mais aussi parce que les enseignants ne sont ni sensibilisés ni formés aux techniques pédagogiques d’éducation inclusive , permettant d’intégrer tous les enfants dans leur diversité (déficiences, hyperactivité, précocité, traumatismes, etc.). Nos équipes travaillent donc avec l’ensemble du personnel éducatif, pour mettre en place des réponses adaptées. Les écoles sont mises en relation avec des associations spécialisées dans la prise en charge du handicap et les échanges qui en découlent permettent d’apporter des réponses concrètes, techniques, mais aussi de faire progresser les mentalités. Par exemple, les interrogations écrites peuvent être traduites en braille par des associations spécialisées, et cela permet d’intégrer pleinement les personnes non voyantes au cycle éducatif. » Mais au-delà des problèmes pratiques, ce sont bien les représentations sociales qui doivent changer. « Aujourd’hui les enfants handicapés sont systématiquement dispensés de sport alors qu’il existe des moyens de les faire participer, en fonction de leurs déficiences ». Afin que ces enfants ne soient pas mis à l’écart, Handicap International encourage les enseignants et les éducateurs sportifs à adapter leur entrainement. Des événements inclusifs sont organisés pour montrer que les personnes handicapées peuvent pratiquer des activités culturelles et sportives.

Crise alimentaire et crise politique : la réponse de l’association

Le pays traverse actuellement une crise politique, sécuritaire et humanitaire profonde, ce qui a poussé l’association à réorienter son intervention : mettre en place des actions d’urgence dans les trois régions du nord du pays et auprès des déplacés présents dans le sud tout en continuant les projets de développement, autant que cela est possible. « Dans certaines de nos zones d’intervention, les institutions continuent de fonctionner et les besoins de développement demeurent. Mais sont également apparus d’autres demandes importantes en termes d’urgence (aide alimentaire et sanitaire, etc.) et de réhabilitation (appuis à la restauration et à la restructuration des systèmes de santé et d’éducation) ». Ainsi, l’association peut s’appuyer sur son implantation ancienne dans la région de Tombouctou et son excellente connaissance des communautés pour mettre en place des opérations de distributions alimentaires en s’assurant que l’aide parvienne bien à ceux qui en ont le plus besoin. En parallèle, le programme Mali a formé des techniciens inclusion mis à disposition des ONGs pour s’assurer que les actions d’urgence prennent bien en compte les groupes les plus vulnérables. Handicap International va aussi appuyer les services de santé et d’éducation pour faire face à l’afflux des personnes déplacées. « Nous allons par exemple travailler sur l’intégration des enfants déplacés dans les écoles, le développement de cantines scolaires et la réorganisation du système éducatif pour permettre la réaffectation des enseignants venus du Nord et actuellement sans poste ». Pour l’association, l’enjeu est aujourd’hui de trouver le bon équilibre entre des actions de réponse à l’urgence, sans ralentir les efforts de développement qui se poursuivent.
 

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Téléphone en panne

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