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Les mines : vestiges du passé troublé du Liban

Mines et autres armes
Liban
Depuis 2006, Handicap International mène des actions de déminage au Liban. Aujourd'hui, nos équipes se sont déployées dans trois districts du Nord Liban - Becharre, Batroun et Koura pour dépolluer des terres destinées à l'agriculture.
Un apnneau "danger mines" triangulaire à l'avant plan, un démineur équipé de ses protections s'avance vers lui

Handicap International a ouvert une mission déminage au Liban en 2006, suite à l’incursion d’Israël dans le Sud du pays, pour nettoyer des terrains pollués par des bombes à sous-munitions. Elle a ensuite participé à la décontamination du camp palestinien de Nahr El Bared entre 2008 et 2010. Handicap International s’est depuis déployée dans la province du Nord Liban pour dépolluer des zones contaminées par les mines antipersonnel posées lors de la  guerre civile (1975-2000).

Handicap international intervient dans trois districts du Nord Liban - à Becharre, Batroun et Koura - sur des terrains essentiellement agricoles situés dans des zones montagneuses moyennement peuplées. Il faut compter qu'environ 20 000 habitants bénéficieront directement de ses actions de déminage.

Un travail long et minutieux

Trois équipes, formées chacune d’une douzaine de démineurs, sont à pied d’œuvre. L’organisation prévoit de constituer une quatrième équipe de déminage à partir de 2015, ce qui devrait permettre la dépollution complète des trois districts d’ici 2016.

Car une opération de déminage demande du temps. La vitesse des opérations varie selon le niveau de contamination du terrain. « Récemment, nous sommes intervenus dans un champ de près de 4000 m² où nous avons localisé et détruit 73 mines antipersonnel ! Le travail a été long. Nous avons progressé lentement », explique Chris Chenavier, chef de la mission de déminage.

En 2014, un démineur de Handicap International a nettoyé en moyenne 25m² par jour. « La topographie accidentée des lieux ne nous permet pas d’utiliser des machines ou des chiens, ajoute Mohamed Kaakour, chef des opérations de Handicap International au Liban. Tout se fait manuellement. »

Rendre la terre à ceux qui la cultivent

Une grande partie des terrains où Handicap International sont des anciennes terres agricoles, principalement en oliveraies et vergers, qui ne sont plus cultivées en raison de la présence d’engins de guerre non explosés. Une fois déminés, ces sols sont réutilisés pour l’agriculture et permettent à nouveau aux propriétaires d’obtenir un revenu dont ils ont été privés pendant de nombreuses années. La dépollution a également permis de construire des bâtiments, de rénover des routes et de développer des projets touristiques.

Une équipe a ainsi terminé en juillet dernier la dépollution d’une oliveraie comprenant soixante oliviers dont l‘exploitation avait été arrêtée en 2004 suite à l’explosion d’une mine antipersonnel, entraînant la mort d’un berger. Suite à la récolte annuelle effectuée fin novembre, le propriétaire a gagné 5000 euros environ de la vente de ses olives. Une belle illustration de l’impact du travail de Handicap International !

Le travail n'est pas fini

De 2011 à fin septembre 2014, l’association a déminé un total de 26,5 hectares dans le Nord du Liban. Selon les données communiquées récemment par le Centre libanais d’action contre les mines (LMAC), il reste environ 3000 hectares minés par des mines antipersonnel (dont un quart sur la frontière avec Israël) et 1700 hectares pollués par des bombes à sous-munitions dans le pays. A ce jour, environ 1260 hectares de terres ont été rendus à la population grâce à l’action combinée des acteurs du déminage.

Une étude menée en 2013 par l’université de Balamand, à Tripoli, au Liban, montre que les victimes de mines et de restes explosifs de guerre sont en grande majorité des hommes adultes (environ 60%). Un accident de mine provoque un handicap permanent dans 45% des cas.

 

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