Go to main content

Les Etats-Unis à contre courant

La 13e Conférence des Etats parties au traité d’interdiction des mines antipersonnel s’est achevée ce 5 décembre à Genève. Alors que les 95 Etats parties présents ont renouvelé leur engagement dans la lutte contre les mines et les restes explosifs de guerre, la délégation des Etats-Unis n’a pas communiqué les conclusions de l’examen de leur politique lancé en 2009.
Un démineur de Handicap International utilise un détecteur de métal sur un champ

Conférence de Genève sur les mines antipersonnel

La 13e Conférence des Etats parties au traité d’interdiction des mines antipersonnel s’est achevée ce 5 décembre à Genève. Alors que les 95 Etats parties présents ont renouvelé leur engagement dans la lutte contre les mines et les restes explosifs de guerre, la délégation des Etats-Unis n’a pas communiqué les conclusions de l’examen de leur politique lancé en 2009. Les Etats-Unis n’ont pas utilisé ces armes depuis plus de vingt ans, n’en produisent ni n’en exportent plus, et sont les plus importants bailleurs à l’action contre les mines. En dépit de cette attitude exemplaire, ils refusent toujours d’adhérer au Traité d’Ottawa, une décision incompréhensible pour Handicap International.

Un silence regrettable

En 2009, le président Barack Obama avait lancé un examen approfondi de la politique américaine sur les mines antipersonnel, afin de déterminer si le pays était prêt à rejoindre le Traité d’Ottawa. En 2012, les Etats-Unis s’étaient engagés à rendre leurs conclusions d’ici la fin de l’année 2013. Pourtant, jeudi 5 décembre, à la 13e Conférence des Etats parties au Traité d’Ottawa à Genève, la délégation américaine n’a pas souhaité se prononcer sur une possible interdiction des mines antipersonnel. Les Etats-Unis restent donc le seul pays de l’OTAN à ne pas avoir adhéré au Traité d’Ottawa. Handicap International déplore ce manque d’engagement politique du gouvernement américain en contradiction avec leurs agissements exemplaires.

Les Etats-Unis n’ont plus utilisé de mines antipersonnel depuis 1991 (première guerre du Golfe), ils n’en produisent plus depuis 1997 et n’en exportent plus depuis 1992. Depuis 1993, ils ont alloué plus de 2 milliards de dollars à l’action contre les mines (déminage, assistance aux victimes…), soit plus que n’importe quel autre pays. En 2012, à eux seuls, ils ont versé près de 135 millions de dollars, soit 20% des financements mondiaux.

« Il n’est pas admissible que les Etats-Unis refusent de confirmer leurs engagements pour l’éradication de ces armes. Notre pays possède toujours plus de 10 millions de mines dans ses stocks. En refusant d’adhérer au Traité d’Ottawa, il s’octroie de fait le droit de les utiliser. Les mines et restes explosifs de guerre sont responsables d’une nouvelle victime toutes les deux heures dans le monde. Les civils représentent plus des trois quarts de ces victimes, dont près de 50% sont des enfants. Les Etats-Unis doivent adhérer sans délai au Traité d’Ottawa », affirme Elizabeth MacNairn, directrice de Handicap International aux Etats-Unis.

Un nouveau plan d’action en 2014

La conférence de Genève s’est achevée sur une annonce positive, trois nouveaux Etats (Bhoutan, Hongrie, Venezuela) ayant annoncé la dépollution complète de leur territoire. Les 95 Etats Parties présents à la Conférence ont rappelé les objectifs à atteindre d’ici la 3e Conférence d’examen du Traité d’interdiction des mines antipersonnel qui se déroulera à Maputo (Mozambique) en juin 2014. Les Etats devront y dresser un bilan des cinq années passées quant à la bonne application des dispositions du Traité et adopteront un nouveau plan d’action pour les cinq années suivantes. Handicap International est particulièrement mobilisée sur la préparation de cette conférence, pour obtenir le plan d’action le plus ambitieux possible.

Pour aller plus loin

Téléphone en panne

Téléphone en panne

Vous essayez de nous joindre par téléphone ? Malheureusement, notre ligne téléphonique est en dérangement. Nous mettons tout en oeuvre pour réparer la panne. En attendant, n'hésitez pas à nous envoyer un courriel à l'adresse info@belgium.hi.org

Vous essayez de nous joindre par téléphone ? Malheureusement, notre ligne téléphonique est en dérangement. 

 « Je considère ma prothèse comme ma vraie jambe. »
© Davide Preti/HI
Réadaptation

« Je considère ma prothèse comme ma vraie jambe. »

Il y a dix ans, Maryse (44 ans) a été blessée suite au séisme qui a frappé Haïti et a perdu sa jambe droite. Depuis, elle a gardé le moral. Aujourd’hui, elle n’a pas honte de sa prothèse.