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La Syrie : témoignage d’Areeg, kinésithérapeute

Areeg Mahadwi, kinésithérapeute jordanienne de 25 ans, travaille pour Handicap International depuis juillet 2012. A l'hôpital Dulayl, ou des refugies nécessitant une intervention chirurgicale sont pris en charge, elle travaille au coté de personnes dont les corps et les vies doivent être reconstruits. Une expérience intense tant au niveau humain que professionnel.

Areeg Mahadwi, kinésithérapeute jordanienne de 25 ans, travaille pour Handicap International depuis juillet 2012. A l'hôpital Dulayl, ou des refugies nécessitant une intervention chirurgicale sont pris en charge, elle travaille au coté de personnes dont les corps et les vies doivent être reconstruits. Une expérience intense tant au niveau humain que professionnel.

“Au niveau médical c’est un défi puisque je dois m'adapter et être créative afin d'aider chaque patient à retrouver sa mobilité souvent sa confiance en soi.”

“Dans la plupart des cas que je traite, il s'agit de fractures, souvent complexes, puisqu'elles résultent de blessures par balle et d'explosions ou parce que plusieurs jours se sont écoulés avant que la personne ait pu bénéficier de soins de santé adaptés. Un nombre important de personne fini par devoir être amputé soit en raison de la gravite de la blessure, soit parce que la personne n’a pas été soignée a temps.”

“A un niveau personnel, c'est très difficile. Beaucoup des personnes dont je m'occupe ici sont encore traumatisées en raison de ce qu’elles ont vécu. Un grand nombre d'entre elles sont inquiètes de voir la guerre se poursuivre. Elles sont conscientes du fait que leurs amis et les membres de leurs familles qui se trouvent toujours en Syrie sont en grand danger.”

Maen, Muna et leurs six filles

Parmi le grand nombre de patients dont elle s'occupe, Areeg a été particulièrement touchée par cette famille de six filles, arrivées a l'hôpital suite a une explosion qui a détruit le mur de la chambre dans laquelle elles dormaient avec leur mère, Muna. “Le mur leur est tombé dessus et seulement la plus jeune, un nourrisson de quatre mois, est sortie sans blessures. La mère et une des filles se sont faites opérées, et les autres filles blessées ont été plâtrées. Je leur ai montré comment se déplacer à l’aide de béquilles et leur ai enseigné des exercices de kinésithérapie leur permettant de marcher normalement lorsque les plâtres leur seront retirés. Elles sont toutes très courageuses. Je vois que certaines exercices provoquent des douleurs mais elles les ont fait tout de même, parce qu’elles comprennent que c’est important.”

A l'occasion des fêtes de l’Eïd, Areeg a offert des poupées 'Barbie' aux filles. “Elles vivent des moments très difficiles. La famille est unie et leur père fait tout ce qu'il peut pour soutenir chacune d'entre elles, mais ils manquent de moyens. L’Aïd est une fête importante. Je voulais donc qu'ils en aient des bons souvenirs malgré tout ce qu'ils doivent supporter actuellement.”

“Je pense qu'ils puisent leur force dans le fait qu'ils sont toujours ensemble. Tant que c'est le cas, les filles gardent le moral et inventent des jeux, même dans les couloirs d'un hôpital.”

Areeg a cinq sœurs et un frère. Elle a obtenu son diplôme en kinésithérapie à l'Université d'Irbid, d'ou les opérations d'urgence de Handicap International en Jordanie sont coordonnées. Apres avoir terminé ses études, elle a travaillé pour une ONG jordanienne portant assistance aux orphelins. “Les études en médecine m'ont toujours intéressées. C’est certainement quelque chose qu’on a dans la famille, puisque ma petite sœur a suivi la même voie et travaille actuellement comme que radiologue, ici aussi, à Irbid. Nous vivons toutes les deux chez notre mère. Le soir lorsque nous discutons nous nous rendons compte que nous nous occupons de patients que nous connaissons toutes les deux.”
 

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