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Irak : une aide d'urgence vitale

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Irak
Handicap International a déployé, depuis le mois de juin, une réponse afin de faire face à l’afflux de populations irakiennes fuyant les combats dans le nord et l’ouest du pays. Benedetta Di Cintio, chef de mission pour Handicap International en Irak, et Camille Borie, en charge de ce projet d’urgence, reviennent sur la nécessité d’éviter que les personnes déplacées les plus vulnérables ne se trouvent coupées de l’aide humanitaire et des soins.
une maman et des enfants endormis sur des matelas dans un petit local de classe.

Déjà présente au Kurdistan irakien pour venir en aide aux réfugiés syriens, Handicap International a déployé, depuis le mois de juin, une réponse afin de faire face à l’afflux de populations irakiennes fuyant les combats dans le nord et l’ouest du pays. Benedetta Di Cintio, chef de mission pour Handicap International en Irak, et Camille Borie, en charge de ce projet d’urgence, reviennent sur la nécessité d’éviter que les personnes déplacées les plus vulnérables ne se trouvent coupées de l’aide humanitaire et des soins.

Depuis le début de l’année, les combats qui touchent le nord et l’ouest du pays ont conduit 1,3 million d’Irakiens à se déplacer et pour plus de 400 000 d’entre eux, à rejoindre le Kurdistan. « C’est aujourd’hui l’une des rares zones relativement stables de la région », explique Benedetta Di Cintio, chef de mission pour Handicap International en Irak. Avant même la dégradation de la situation sur le territoire irakien, plus de 200 000 Syriens s’étaient déjà réfugiés au Kurdistan.

La vie quotiennne sens dessus-dessous au Kurdistan irakien

Au début de l’année, les Irakiens qui parvenaient au Kurdistan ont pu louer des habitations vacantes, aller chez des proches ou des familles kurdes capables de les accueillir. Les autres trouvaient un abri dans des camps, capables d’absorber les nouvelles arrivées. Mais depuis cet été, les communautés sont incapables d’accueillir correctement les centaines de milliers de personnes qui continuent d’affluer. « Au début du mois d’août, les combats ont redoublé d’intensité, poursuit Benedetta Di Cintio. 15 000 personnes sont par exemple arrivées, quasiment en une journée, dans la ville d’Erbil. Les personnes déplacées s’abritaient comme elles pouvaient, à chaque coin de rue, dans les mosquées, les églises, les bâtiments en construction... "

"C’est une situation très compliquée pour tout le monde, et donc aussi pour les populations kurdes qui se trouvent de fait impliquées dans un conflit dont elles auraient préféré rester écartées. Dans tous les aspects de la vie quotidienne cette situation a un impact : la rentrée scolaire de beaucoup d’enfants sera sans doute reportée parce que pratiquement toutes les écoles servent d’abri à des personnes déplacées. De nombreux camps sont en train d’être montés pour apporter une solution, mais pour l’instant les gens se débrouillent comme ils le peuvent. »

L'accès aux soins est crucial

Dans les gouvernorats de Dohuk et d’Erbil où interviennent les équipes de Handicap International, les soins médicaux sont gratuits et de bonne qualité. Cependant, pour les personnes déplacées, notamment pour les plus vulnérables d’entre elles, accéder à ces services est souvent compliqué. Camille Borie, responsable du projet mené par l’association auprès des personnes déplacées explique que cette situation s’est encore dégradée depuis le mois d’août et l’intensification des combats (engagement direct des combattants kurdes et frappes américaines contre les groupes d’opposition armés).

« Les personnes qui sont arrivées au cours des dernières semaines ont fui sans presque rien emporter et elles arrivent dans un environnement dans lequel il leur est très difficile de s’orienter. Nous avons-nous même du faire un travail très important pour retrouver certaines personnes dont nous nous occupions et qui ont du à nouveau se déplacer lorsque les combats se sont rapprochés. Dans un tel environnement, il peut par exemple arriver que des personnes diabétiques ne parviennent plus à se procurer de l’insuline, ce qui a des conséquences irréversibles sur leur santé, voire fatales. C’est pourquoi nous nous efforçons d’assurer un lien entre les personnes les plus vulnérables, notamment les personnes handicapées et les personnes souffrant de maladies chroniques, et les services de santé disponibles."

Prevenir de plus grands drames

« Toutes les personnes déplacées sont dans une situation compliquée, poursuit Camille Borie. Nous nous adressons à celles qui, comme tout le monde doivent trouver un abri, un accès à l’eau et à la nourriture, mais qui en plus de cela doivent faire face à des difficultés supplémentaires, souvent parce qu’elles vivent avec un handicap ou une maladie chronique, parce qu’elles ont été séparées de leur famille ou de la personne qui leur prodiguait des soins. Notre intervention a pour objectif de garantir que ces personnes ne voient pas leur situation se dégrader de manière encore plus dramatique parce qu’elles sont privées de soins, de médicaments, des aides techniques dont elles ont besoin (fauteuils roulants, aides à la marche, kits de soin ou d’hygiène…)."

"Certaines des personnes que nous accompagnons ont besoin de séances de réadaptation, de transfusions sanguines, de chimiothérapie, d’insuline, et se sont trouvées coupées de ces services du jour au lendemain. Il est vital que nous leur permettions d’accéder à nouveau à ces soins le plus rapidement possible.»

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