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Deux mille amputations probables

Réadaptation Urgence
Haïti
L’équipe de Handicap International en Haïti est confrontée à l’immensité du nombre de blessés et évalue le nombre d’amputés à deux mille, souvent suite à des blessures gangrénées. L’association engage un plan d’action sur plusieurs années. Les personnes amputées pourront recevoir de premières prothèses en mars, après cicatrisation des moignons. Outre les blessures physiques, les conséquences psychologiques seront immenses.
Deux mille amputations probables

L’équipe de Handicap International en Haïti est confrontée à l’immensité du nombre de blessés et évalue le nombre d’amputés à deux mille, souvent suite à des blessures gangrénées. L’association engage un plan d’action sur plusieurs années. Les personnes amputées pourront recevoir de premières prothèses en mars, après cicatrisation des moignons. Outre les blessures physiques, les conséquences psychologiques seront immenses.

Les activités de Handicap International se découpent actuellement en un volet Logistique (acheminement de matériel d’urgence par camions) et un volet Santé. Pour venir en aide aux très nombreux blessés, Handicap International dispose actuellement sur place d’un effectif d’une trentaine de personnes (dont onze expatriés), réparti en six équipes mobiles de soins et trois kinés attachés aux soins post-opératoires d’une organisation d’urgence médicale. Cet effectif devrait être porté à une centaine de personnes environ (dont une vingtaine d’expatriés), sous deux à trois semaines.

Reportage de RTL: les ONG ont un besoin urgent de prothèses

Composées de spécialistes de la réadaptation physique, deux des équipes mobiles interviennent directement dans huit hôpitaux de Port-au-Prince, où seuls les cas les plus graves peuvent être admis en raison de l’important afflux de blessés. Les amputations représentent une part très importante des opérations. Certains patients présentant des fractures fermées doivent repartir en attendant que les cas les plus urgents aient pu être traités.

Les quatre autres équipes mobiles de Handicap International sillonnent quatre quartiers et faubourgs de la capitale parmi les plus pauvres (Carrefour, Carrefour Feuilles, Christ-Roi, Pétionville), et assurent des soins et des distributions d’aides à la mobilité dans les camps de sans-abris et dans les rassemblements de population plus modestes.La situation en Haïti aujourd’hui est véritablement sans précédent, déclare Thomas Calvot spécialiste de la prise en charge des blessés lors des séismes au sein de Handicap International. L’ampleur du nombre de blessés, 250 000 d’après les Nations unies, se conjugue avec le fait que les structures de santé ont été balayées.» Pour sa part, le kinésithérapeute belge Eric Weerts explique : « Les dix-sept premières amputations que j’ai pu observer étaient la conséquence de blessures infectées qui se sont gangréné, ne laissant d’autre choix que l’amputation.» Eric Weerts insiste aussi sur les conséquence psychologique du drame vécu par ces personnes : «Beaucoup d’entre eux vivent le choc d’avoir perdu un membre et souffrent de la disparition de proches. S’y ajoutent le tremblement de terre en lui-même, la crainte des répliques et l’expérience d’être parfois resté enfermé des heures avant d’être libéré… Un cauchemar qui va les poursuivre toute la vie.»

 Les membres de Handicap International assurent des soins de rééducation postopératoire, distribuent des aides à la marche et du matériel orthopédique, et mettent en place un système de suivi des patients dans la durée. « Vous devez faire fonctionner vos articulations, répète inlassablement le docteur Colleen O'Connell aux personnes amputées, dans des salles d'hôpital bondées. Pour éviter les contractures, il faut faire ces exercices chaque jour. C'est indispensable pour que l'on puisse ensuite vous mettre une prothèse. »

 Les besoins en appareillage vont être considérables. Cette activité ne pourra démarrer qu’en mars, après la cicatrisation des amputations. Handicap International va produire entre 300 et 400 prothèses d’urgence, au cours des premiers six mois. Ces appareillages temporaires devront ensuite être remplacés par des prothèses définitives. L’objectif de l’association est de créer et de coordonner une capacité de réadaptation et d’appareillage sur le long terme, en formant du personnel haïtien pour en assurer la pérennité

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