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Ashfaaq et le premier dictionnaire de langue des signes des Maldives

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Ashfaaq, 21 ans, suit une formation d’aide enseignant pour enfants malentendants. Son objectif : la promotion du premier dictionnaire de langue des signes. Un projet collaboratif mit en place par Handicap International.
Ashfaaq, 21 ans, suit une formation d’aide enseignant pour enfants malentendants. Son objectif : la promotion du premier dictionnaire de langue des signes. Un projet collaboratif mit en place par Handicap International.


Ashfaaq est né au Mali le 30 novembre 1987. Sa mère se souvient d’une forte fièvre qu’il a contractée lorsqu’il avait à peine sept mois et qui le laissa profondément handicapé de l’ouïe pour le reste de sa vie. D’une façon naturelle, mère et fils apprirent à communiquer par signes, bientôt imités par les autres membres de sa famille. Ainsi, se développa un langage des signes unique, « fait maison », qui leur permettait de communiquer avec Ashfaaq.   

A l’âge de trois ans, il prit le chemin de l’école, la Maafannu School. Comme il n’y avait pas de classes particulières pour les malentendants, Ashfaaq fut rapidement désemparé car, dans sa classe et contrairement à chez lui, il ne disposait plus d’aucun moyen de communication. Etant habitué à sa surdité, il ne se rendait en effet pas compte de sa différence et s’irritait de ne soudain plus rien comprendre à ce qui se passait autour de lui.

C’est à l’âge des sept ans que sa mère lui expliqua son problème d’ouïe. Mais cela ne changeait rien à se frustration lorsqu’il voyait converser des gens autour de lui et qu’il ne les comprenait pas.

Plus tard, dans la même année, Ashfaaq prit le chemin d’une école spécialisée, la Jamaaludheen School, où il reçut les bases du langage des signes. Cela lui permit de bénéficier aussi d’une scolarité de base, notamment en  langue anglaise et en  mathématiques. Au départ, Ashfaaq avait beaucoup de difficultés à suivre les cours, mais lentement il a appris à communiquer avec un entourage plus large que celui de sa famille et put terminer avec succès sa scolarité au sein de la Jamaaludheen School.

Beaucoup de temps s’est écoulé depuis lors. Ashfaaq a fait l’expérience des difficultés de ne pouvoir communiquer normalement dans son environnement social et de l’énorme volonté   nécessaire pour apprendre à communiquer par signes. Il a aussi eu le bonheur d’apprendre à communiquer librement au sein de son groupe d’amis et de sa famille grâce au langage des signes.  

Actuellement il dédie ses vingt ans d’expérience en langue des signes à la cause des malentendants. Il contribue à compiler le premier dictionnaire du langage des signes des Maldives. Ce projet collectif a été initié par Handicap International et mis en œuvre par le Centre de Développement de l’Education des Maldives et la Jamaaludheen School. Lorsque le dictionnaire sera édité, il deviendra une source de référence, facilement accessible pour les personnes malentendantes, leurs familles et leurs amis ainsi qu’au corps enseignant et  aux travailleurs sociaux.   

Une équipe spéciale est chargée du recensement des signes pratiqués par les communautés locales. Pour cela, ils travaillent au sein des communautés de cinq atolls différents. Chaque communauté à en effet développé naturellement un langage des signe qui permet aux malentendants et à leurs proches de communiquer dans la vie de tous les jours et  d’exprimer ce qu’ils voient et ressentent. Le rôle d’Ashfaaq est de confronter son expérience de malentendant avec les communautés des quatre coins des Maldives. Il se déplace pour rencontrer des malentendants et leur entourage, discuter avec eux et identifier les signes qu’ils utilisent. Il transfère alors ces données à ses collègues qui sont responsables de la compilation du dictionnaire.
 
Lorsque le dictionnaire aura été publié, Ashfaaq restera  le meilleur avocat de la communauté malentendante. Dans le futur il sera  impliqué dans la promotion de la langue des signes par le biais de  programmes de formation à la langue des signes destinés au corps enseignant, aux acteurs responsables de la réadaptation, aux interprètes et autres acteurs sociaux.

Actuellement, Ashfaaq est aux anges. Il a rencontré une belle jeune fille dans l’île de Komandoo, ce qui le pousse à multiplier ses visites sur cette île. Il passe aussi du bon temps avec ses amis. Ils regardent le foot à la télé, font des jeux vidéos et suivent religieusement les épisodes de la série Prison Break. Il ne réalise pas encore l’importance du travail qu’il réalise en faveur des malentendants des Maldives. Il ne se rend pas non plus tout à fait compte qu’il sert de modèle aux nombreux jeunes malentendants à qui il rend visite.

Mais Ashfaaq sent qu’il est utile à sa communauté, car il sait que lorsque le dictionnaire sera terminé, les enfants malentendants  pourront apprendre les signes qui leur permettront de s’exprimer plus librement, de raconter leurs rêves et leurs aspirations et de faire entendre leur voix au reste de la société.

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